Qui sommes-nous ?

Notre devoir d’impatience

Nous en rêvions de ce 6 mai. Nous en rêvions depuis cinq ans, nous en rêvions depuis trente ans, nous en rêvions depuis si longtemps. Ce jour venu, nous nous sommes retrouvés dans les rues, avec le peuple de gauche, avec les républicains de tous bords, avec la majorité de la France à crier notre bonheur et  la joie de l’apaisement retrouvé.

La victoire de François Hollande était une nécessité pour notre pays, mais elle pourrait se révéler une fatalité pour le camp républicain si d’aventure il s’abandonnait au rôle réduit que certains lui assignent déjà.

À l’occasion du Congrès du Parti Socialiste qui suivait la victoire des socialistes à l’élection présidentielle et aux élections législatives, il nous est donc apparu nécessaire de nous regrouper et de faire entendre notre voix à l’occasion du dépôt d’une contribution intitulée « Et si c’était maintenant ». Nous avons déjà nos espaces de mobilisation : organisations de jeunesse, réseaux sociaux, think-tank, mandats, militantisme de proximité… Notre message est simple : que la République soit présente partout et pour tous car nous aspirons à l’égalité.

Nous ne constituons aucun courant au sein du Parti Socialiste ou plutôt nous nous revendiquons de tous ses courants constitués à ce jour. Nous ne servons, en tant que collectif, nul personne, clan ou groupe autre que nous-mêmes et nous sommes au service des idées sur lesquelles nous nous sommes réunis et retrouvés.

Nous souhaitons agir au sein du PS, et bien au-delà, auprès de tous ceux qui, comme nous, veulent faire du mandat de François Hollande un mandat réussi. Nous le faisons sur un certain nombre de principes qui sont peu nombreux mais ambitieux et sur lesquels nous n’entendons rien céder.

Nous sommes convaincus que les idéaux qui ont porté François Hollande au pouvoir ne peuvent triompher que s’ils s’appuient sur une mise en mouvement sans précédent de la société civile, de ses acteurs associatifs, de ses relais syndicaux, militants et intellectuels. Notre démarche consiste donc à agir simultanément dans et en dehors des partis qui ont portés François Hollande au pouvoir. Nous avons vocation à faire contribuer au sein de ces partis des personnes qui n’en sont pas membres et qui ne souhaitent pas en faire partie et à porter nos convictions très au-delà de leurs cénacles habituels.

Ce soir du 6 mai, nous nous sommes dit : « et si c’était maintenant ». Et si c’était maintenant que la gauche parlait des rapports entre les jeunes et la police, et si c’était maintenant que l’on partageait une histoire commune, et si c’était maintenant que l’on faisait de la politique ensemble à l’échelle européenne et internationale, et si c’était maintenant que l’on proposait une politique migratoire, et si c’était maintenant que l’on augmentait la part de l’argent public destinée à améliorer nos services publics.

Nos valeurs sont celles de l’égalité, du refus de la domination de la finance sur l’économie et les décisions politiques, de la construction d’une Europe politique traversée par l’exigence de solidarité, de la place faite à la jeunesse comme force fondamentale de transformation sociale…

Les premiers mois du mandat de François Hollande ont été marqués par une désillusion certes liée à la crise mais aussi par l’oubli partiel de ce qui, pour le peuple de gauche, constitue le cœur de ses aspirations.

C’est pourquoi, forts de nos convictions, nous aspirons à faire en sorte que la gauche soit la gauche, sous peine de créer les conditions propices à ce que nous voyons déjà se déployer dans toute une série de pays voisins : le progrès de l’extrême droite et du populisme, communément nourris par l’absence d’éducation populaire, le triomphe de ce cercle de la raison que nous rejetions naguère et qui trop souvent se résume, auprès de l’électorat de gauche, à l’absence de débats, à l’unicité d’une politique économique vis-à-vis de laquelle nous n’aurions pas le choix de la contestation, à l’austérité sans fin qui apparaît parfois comme un amour d’une purge rédemptrice.

Face aux doutes et aux désillusions, l’époque n’est pas aux renoncements ou à la timidité, comme peuvent parfois l’illustrer l’absence criante d’une politique publique de lutte contre les discriminations raciales, le renoncement de facto au droit de vote des étrangers, l’absence d’un pacte de croissance au niveau européen ou encore l’abandon d’une réforme fiscale ambitieuse de nature à amener les citoyens à renouer avec l’acceptation d’un effort fiscal lisible et vécu comme légitime et justement réparti. L’époque est au contraire à l’explication patiente et déterminée de ces quelques vérités consubstantielles à notre identité de socialistes.

Agissant entre autres au sein du Parti Socialiste, nous disons que le PS doit évidemment  soutenir le gouvernement mais, n’ayant pas ses contraintes, il doit aussi et surtout le devancer. Il ne peut abandonner aux autres formations politiques, qu’elles soient amies ou rivales, le monopole de la réflexion et de l’action sur les grands débats qui traversent la société française.

L’exigence dont nous rêvons est aussi dictée par le climat délétère qui a prévalu pendant ces cinq dernières années et que nous ne pouvons passer sous silence. Nicolas Sarkozy aura fait passer une idéologie rétrograde faite d’outrage et d’outrance pour du réalisme et la défense de principes essentiels comme l’égale dignité de tous et le vivre ensemble pour de l’idéalisme. En d’autres mots, il a réussi ce tragique tour de force : ringardiser la démocratie. Il n’est pas étonnant dans ce contexte que la gauche de gouvernement ait parfois préféré de par le passé se voir reprocher un certain attentisme plutôt qu’un trop grand laxisme. En tout état de cause, les dégâts causés dans l’opinion par le sarkozysme n’ont certainement pas pris fin avec le départ de Nicolas Sarkozy de la présidence de la République.

Notre démarche vise précisément à combattre, au sein de la gauche et au-delà, cette pensée du renoncement et du découragement et à faire de la politique le vecteur premier de réponse aux maux de la société.

photo groupe

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