Retrouvez l’intégralité de la formation sur le droit de vote des étrangers

IMG_0618Alors qu’une nouvelle percée de l’extrême droite lors des prochaines échéances électorales inquiète le camp républicain, force est de constater que les dynamiques de mobilisation citoyenne ne sont pas au rendez-vous après la première année du quinquennat. Parce que la reconnaissance du droit de vote pour les étrangers non-communautaires aux élections locales reste une aspiration très forte de la société civile, “Et si c’était maintenant” vous propose de retrouver le contenu de la formation que nous avons consacré à cet enjeux démocratique.

Téléchargez :

– L’introduction de Gaëlle Tainmont, déléguée exécutive Migration et Asile à SOS Racisme
– La formation et le powerpoint réalisé par Antoine Jardin, doctorant au Centre d’études européennes de Sciences po

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Formation « droit de vote des étrangers aux élections locales : quelles conséquences démocratiques en France ? »

le vendredi 5 avril 2013

18h45

2 rue de Valencienne, 75010 Paris

Le collectif “Et si c’était maintenant” est déterminé à ce que la gauche soit au rendez-vous de cette promesse de campagne qui reste une aspiration très forte de la société civile et du camp républicain. Pourtant, alors que quatre projets de loi constitutionnelle ont été présentés en conseil des ministres le 13 mars dernier, la reconnaissance du droit de vote aux élections locales pour les étrangers non-communautaires n’est toujours pas à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Congrès.

Pourquoi la question du droit de vote des étrangers ne concerne pas que les étrangers ? Que changerait l’acquisition de ce droit sur la mobilisation électorale, notamment des Français « issus de » l’immigration ? Quel est le comportement électoral des étrangers qui obtiennent la nationalité française ? Est-ce que parler du droit de vote des étrangers renforce la droite et l’extrême droite ? Venez affûter vos arguments avec nous !

18h45 // Introduction par un membre du Bureau National d’SOS Racisme
// Formation et échange animés par Antoine Jardin, doctorant au Centre d’études européennes de Sciences po
21h // Moment convivial

Téléchargez l’invitation (pdf) : formationddv

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Tant qu’il y a de la Gauche, il y a de l’espoir !

Rencontre francilienne du collectif, le 23 octobre 2012, à 19h à la Belleviloise.

Alors que le Processus du Congrès de Toulouse va s’achever, nous souhaitons continuer à être en dynamique auprès du peuple de gauche. En restant une force de proposition ouverte à la société civile, nous avons également pour ambition de peser sur les grandes orientations de cette mandature : égalité des droits, fiscalité, soutien aux mouvements citoyens internationaux, Europe, Laïcité…

venez en parler avec nous !

belleviloise

Retrouvez les photos de cette rencontre : ici.

photo groupe

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L’Elysée n’arrive pas à en faire un dessein

Libération : Les mesures catégorielles qui touchent la jeunesse ne font pas une politique globale.

Par MATTHIEU ECOIFFIER, GRÉGOIRE BISEAU (à Berlin)

Et si, enfin, François Hollande parlait aux jeunes de ce qui les intéresse… Au-delà de ses solutions anticrise de premier économiste de France. Le 6 mai, au soir de son élection, le nouvel élu s’était autoproclamé «président de la jeunesse» place de la Bastille. Huit mois après, il martèle toujours «la priorité à la jeunesse» du candidat qu’il fut. Aujourd’hui, il lui présente ses vœux à Grenoble. Hier, à Berlin, il a déclaré qu’elle était «la grande affaire» de la France, de l’Allemagne et de l’avenir de la construction européenne. Le conseil des ministres franco-allemand s’est d’ailleurs fixé comme première priorité de «mobiliser la jeunesse au bénéfice de l’amitié franco-allemande» notamment par le développement de filières bilingues dans les collèges et lycées.

Limité. Déjà en Algérie en décembre, à l’occasion de sa visite de l’université de Tlemcen, il avait tenu à avoir un échange avec les étudiants. Là encore, la conversation avait exclusivement porté sur des questions de formation et d’accès au marché du travail. En France, quand il décline sa politique en faveur de la jeunesse, Hollande égrène le contrat de génération, les emplois d’avenir, sa priorité à l’éducation, l’accord sur le marché du travail qui taxera demain les CDD… Hier, depuis Berlin, Hollande a tenté de faire avancer son idée : consacrer à un fonds européen pour la formation et la mobilité professionnelle des jeunes, une part des recettes récoltées demain par la taxe sur les transactions financières.

C’est l’ambition et aussi la principale limite de Hollande. Son rapport à la jeunesse n’a rien de culturel ou sociétal, il est d’abord économique et social. A l’image de son parcours personnel et de ses priorités politiques. «La jeunesse n’a pas aujourd’hui besoin de nouveaux droits, elle a d’abord un problème de chômage, d’accès au marché du travail et au logement. C’est tout», tranche-t-on dans son entourage.

Façon de dire, en creux, que le Président peine à parler d’autres choses aux jeunes. S’il est bien trop tôt pour tirer le bilan de ces mesures ciblées, pour la plupart encore en chantier, un manque existe d’ores et déjà. Celui d’une politique de la jeunesse ambitieuse cohérente à l’échelle du quinquennat.

Frileux. Force est de constater que cette parole n’est pas portée au sein du gouvernement : ni par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, ni par Valérie Fourneyron, la ministre des Sports qui a vu la Jeunesse rattachée à son ministère. D’où la nécessité pour Hollande de reprendre la main. «Pendant la campagne il a été bon sur le sujet. Mais on a vu cette priorité disparaître après le 6 mai dans la composition du gouvernement et dans les discours alors que ce n’est pas le cas dans le contenu», relève Bruno Julliard, qui vient de quitter le cabinet de Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale. « Compte tenu de sa campagne, il y a des attentes vives au-delà de la question de l’emploi. Chez les jeunes de gauche, on est moins dans le désenchantement et l’exaspération que dans l’attentisme, explique François Miquet-Marty, directeur de l’institut de sondage Viavoice. Qui conclut : «La priorité à la jeunesse de François Hollande reste à concrétiser.»

Sur certains sujets à fort clivage générationnel, comme le mariage pour tous, la PMA ou le non-cumul des mandats, le gouvernement avance. Mais sur d’autres, comme le droit de vote des étrangers et le cannabis, il se montre frileux. D’où l’initiative du collectif «Et si c’était maintenant» constitué dans la foulée du congrès du PS d’octobre et composé de militants socialistes, d’associatifs et de syndicalistes qui va envoyer une lettre à Harlem Désir demandant l’organisation de conventions sur l’égalité et la jeunesse. Des enjeux qui pourraient «être portés un peu plus haut et fort». Flora Saladin, militante PS et membre du collectif explique : «Sur l’école et l’emploi, le gouvernement fait le boulot. Mais nos attentes sont énormes : ce n’est pas juste être débarrassés de Sarkozy ou avoir un Président avec un discours apaisant et valorisant pour la jeunesse. Elles concernent un nouveau modèle de société.» Il reste quatre ans à Hollande pour améliorer les conditions de vie de la jeunesse, seul critère sur lequel il entend être jugé. Sans oublier de lui proposer un dessein.

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Lettre ouverte à Harlem Désir

Lettre ouverte à Harlem Désir

huffingtonpost.fr, 24  janvier 2013

Cher Harlem,

En décidant que trois conventions seraient organisées sur « la transition écologique et la croissance », « l’Europe » et « la démocratie sociale », le Parti, sous ton impulsion, a fait le choix de retenir des thèmes certes classiques mais néanmoins importants à partir desquels nous espérons qu’émergeront des propositions novatrices et audacieuses.

Mais, sous peine de déception, il est de notre responsabilité de socialistes d’exhumer les thématiques de l’égalité des droits et de la jeunesse, deux thématiques qui furent centrales dans la campagne victorieuse de François Hollande et sur lesquelles l’absence d’une parole socialiste forte et prospective ne ferait que nourrir une incompréhension d’ores et déjà palpable.

Si nous adhérons bien évidemment au mariage pour tous, nous ne saurions accepter que la question de l’égalité des droits se résume à cette seule réforme, pas plus que nous ne saurions décemment estimer que les tergiversations sur le droit de vote des étrangers puissent être confondues avec une action politique déterminée.

A ce stade, il nous parait fondamental que le parti socialiste soit porteur d’une parole forte sur la question des discriminations, et notamment les discriminations raciales, sous peine de renouer avec cette erreur naguère lourde mais qui pourrait aujourd’hui emporter des conséquences électorales durables: celle de considérer qu’il existerait des publics qui nous seraient acquis ad vitam aeternam parmi les classes populaires issues de l’immigration et vis-à-vis desquels il ne serait jamais utile de transformer leurs préoccupations en priorités.

Certes, depuis le 6 mai, le discours politique, après des années de dérives et d’outrances sarkozystes, se trouve apaisé. Mais à nous d’avoir la lucidité de comprendre que le non-discours peut être ressenti comme une forme de violence et ne serait de toute façon guère propice à l’élaboration de propositions fortes, au rôle d’aiguillon que le parti se doit de remplir à l’endroit du Gouvernement et donc à la mise en œuvre de politiques publiques ambitieuses sur ce sujet.

Quant à la jeunesse, le Gouvernement s’est d’ores et déjà attelé à la mise en œuvre de promesses de François Hollande (emplois d’avenir et contrat de génération). Mais chacun admettra aisément que ces mesures n’épuisent pas les problématiques liées à la jeunesse.

Nous avons sur ce sujet des propositions éparses qu’il convient de retravailler dans le cadre d’une pensée élaborée. L’axe essentiel de cette pensée nous semble être l’exigence d’autonomie et d’émancipation de la jeunesse que les socialistes doivent porter après, là encore, une période sarkozyste qui aura construit cette classe d’âge non pas comme une chance mais comme un danger pour notre société.

A nous de réfléchir aux politiques pertinentes pour construire l’autonomie et l’émancipation matérielles et intellectuelles de notre jeunesse.

Sur chacune de ces thématiques, nous demandons donc que le Parti Socialiste organise une convention.

Il est primordial que nous montrions par là notre attachement à ces sujets fondamentaux, que les militants soient consultés sur ce qu’ils ont à en dire, qu’ils soient pleinement associés sur ce qu’il convient d’élaborer et donc mis en dynamique sur des sujets essentiels dans notre volonté de moderniser la société et de la rendre plus juste.

La méthode que nous proposons consiste à organiser des conventions ouvertes à la société civile. Une telle méthode serait conforme à la logique d’ouverture du Parti Socialiste que tu avais d’ailleurs portée à l’occasion de l’organisation des primaires. Cette logique d’ouverture reste bien évidemment primordiale car les expériences et les réflexions des acteurs de la société civile doivent nous nourrir, d’autant que la volonté de ces acteurs de faire évoluer la société doit être considérée non comme une gêne mais comme un carburant.

Etre en lien permanent avec cette société mobilisée nous apparaît comme une condition sine qua non qu’il nous faut remplir si nous voulons éviter de réduire notre pratique politique à la simple gestion des affaires publiques.

Ne doutant pas que cette proposition rencontrera ton plus vif intérêt, nous te prions, cher Harlem, de recevoir nos amitiés socialistes.

Premiers signataires :
Dominique SOPO, CN, ancien Président de SOS Racisme ; Jean-Paul MAKENGO, adjoint au maire de Toulouse, Président de la Coordination européenne des villes contre le racisme ; Sabrina GHALLAL, conseillère générale de la Marne, déléguée fédérale ; Brice GIACALONE, CN ; Guillaume AYNE, BNA ; Flora SALADIN, CN, BF 75 ; Djoudé MERABET, maire d’Elbeuf ; Jean-Louis FOUSSERET, maire de Besançon, Président de la communauté d’agglomération du Grand Besançon ; Hella KRIBI ROMDHANE, conseillère régionale d’Ile-de-France, BNA ; Nassurdine HAIDARI, adjoint au maire du 3ème arrdt de Paris ; Jean-Alain STEINFELD, BNA, Trésorier fédéral du PS 93 ; Anne-Charlotte KELLER, adjointe au maire du 20ème arrdt de Paris, BNA ; Medhi Thomas ALLAL, responsable du pôle antidiscriminations de Terra Nova, PS 75 ; Abdel GHEZALI, adjoint au maire de Besançon ; Bariza KHIARI, sénatrice de Paris ; Vincent BEGRAND, CF 21 ; Julien VAILLANT, conseiller régional de Lorraine ; Loreto Maria VARGAS, BF 75 ; Guillaume TRONCHET, secrétaire de la section du PS Sorbonne, directeur de La revue socialiste universitaire ; Jean-Claude ROY, Vice-Président de la communauté d’agglomération du Grand Besançon, conseiller municipal de Besançon ; Nadège ABOMANGOLI, conseillère régionale d’Ile-de-France, CN ; Moussa OUAROUSS, SF 51 ; Ugo LANTERNIER, CN, SF 93 ; Elisabeth CAZY, SF 75 ; Ahmed EDDARRAZ, conseiller municipal et communautaire de Millau ; Ali SOUMARE, conseiller régional d’Ile-de-France ; Tooran DANA, CF 94 ; Julien BOUCHER, conseiller d’arrondissement (Paris 17ème) ; Patrick KLUGMAN, conseiller de Paris ; Béatrice RONZI, conseillère municipale de Besançon ; Belkacem MADHI, président de la Commission de contrôle financier (PS 93) ; Hervé HIRIGOYEN, secrétaire de la section PS de Toulouse 6 ; Agnès PANNIER, BF 75 ; Lazhar HAKKAR, adjoint au maire de Besançon ; Brice MANKOU, conseiller municipal de Saint-Omer, CF 62 ; Maya AKKARI, CN ; Hacen BOUKHELIFA, Président de la commission justice (PS 13) ; Pascal CHERKI, député de Paris ; Hind SAOUD, conseillère municipale déléguée de Rennes ; Abdoulaye SALL, conseiller municipal d’Elbeuf ; Philippe BRIANCON, adjoint au maire de Colomiers ; Najet MIZOUNI, SF 75 ; Fouzia AYOUB, secrétaire des élus socialistes au conseil municipal de Nice ; Jérôme SEKOKLA, commission fédérale des conflits (PS 75) ; Sihem SOUID, adhérente du PS ; Nicolas BODIN, Premier fédéral du Doubs, Vice-Président de la communauté d’agglomération du Grand Besançon ; Michel LAURENT, conseiller municipal de Lunéville ; Catherine CLOUSCARD-MARTINATO, conseillère municipale de Colomiers ; Bagdad GHEZAL, secrétaire de la section d’Etaples ; Sylvain BROTHIER, CF 75 ; Elisabeth MITTERRAND, conseillère régionale de Midi-Pyrénées ; Ameziane ABDAT, Président d’honneur de Zyva, adhérent du PS 92 ; Yann VIVAT, conseiller municipal de Rompon ; Cathy SABER, secrétaire adjointe de la section 146 de Haute-Garonne ; Aurélien TRICOT, adjoint au maire de Poitiers ; Aline FERRIERE, PS et MJS 21 ; Bruno PERRERA, conseiller municipal de Colomiers ; Mohamad GASSAMA, adjoint au maire (Paris 20ème) ; Madeleine DUPUIS, conseillère municipale de Toulouse ; Assi N’GUESSAN, secrétaire de la section de Ronchin ; Pierre PANTANELLA, Premier fédéral de l’Aveyron, conseiller régional de Midi-Pyrénées ; Virginie HOUADEC, CN ; Gérard POUJADE, conseiller régional de Midi-Pyrénées, maire de Séquestre ; Nour Eddine SKIKER, Président de « Auber Jalons pour la paix » (93) ; Virginie TCHOFFO-DJOMKOUO, conseillère municipale et communautaire de Lille, SF 59 ; Elisabeth MAALEM, secrétaire de la section de Colomiers ; Valentin LE DILY, secrétaire de la section du PS à Varsovie ; Constance BLANCHARD, SF 75 ; Choukri YONIS, secrétaire de la section de Montreuil ; Nicolas RAYNAL, SF 75 ; Stéphane CHEVALIER, secrétaire du CA de la section de Colomiers ; Carine MICHEL, conseillère municipale de Besançon ; Ludovic MENDES DA SILVA, CF (MJS 57) ; Medhi KAIM, conseiller municipal d’Elbeuf ; Siavash ATARODI, Commission fédérale des conflits (PS 75) ; Michel LOYAT, adjoint au maire de Besançon ; Patrick ALLEMAND, Premier fédéral des Alpes-Maritimes, Vice-Président de la région PACA ; Yves-Michel DAHOUI, adjoint au maire de Besançon ; Brice MATOUBA, conseiller municipal de Villeneuve d’Ascq ; Fulgence SAMBA, secrétaire de la section de Lorient ; Ansoumane SYLLA, adjoint au maire de Clichy-la-Garenne.
CN = Conseil national ; BNA = Bureau national des adhésions ; SF = secrétariat fédéral ; BF = Bureau fédéral ; CF = conseil fédéral

Le collectif « Et si c’était maintenant », à l’origine de cette initiative, regroupe des militants investis dans les champs politiques, syndicaux et associatifs.

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Les banlieues, c’est maintenant

« Les banlieues, c’est maintenant »

huffingtonpost.fr, 6 septembre 2012

Et si c’était maintenant que nous étions au rendez-vous des attentes des banlieues?

La campagne présidentielle fut marquée d’un tabou dont nous avons souffert : la disparition du mot banlieue de notre vocabulaire. Et la disparition dans nos engagements des problématiques propres aux banlieues populaires. Tout au long de la campagne, la banlieue semblait être devenue un gros mot qu’il fallait éviter en parlant « d’inégalités territoriales » ou de « quartiers ruraux et urbains délaissés ». Sous ces termes en soi très louables, se cachait ostensiblement la peur de parler de la banlieue aux « provinciaux », parole probablement considérée comme susceptible de réveiller les votes néfastes d’un monde rural et périurbain approché de façon très fantasmée quant à sa capacité à adhérer à une ambition d’égalité effective pour tous.

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Le 6 mai 2012 au soir, après l’annonce de la victoire de François Hollande à la présidence de la République. Crédits : Les signataires de cette contribution.Le retour au réel fut brutal. D’ailleurs, toutes celles et tous ceux qui avaient participé au porte-à-porte en cités avaient bien vu le danger de l’indifférence venir en réponse à cette surdité incompréhensible. Et, en effet, notre candidat risquait de se faire battre dans les banlieues et singulièrement en Ile-de-France. Un véritable tour de force obtenu par un tour de France des quartiers en crise a permis à François Hollande de remonter la pente à l’arraché et d’asseoir sa belle, mais serrée, victoire.

Or, si les territoires qu’ils soient ruraux ou urbains sont d’une même manière concernés par la question de l’égalité territoriale, par la disparition lente et progressive au cours des 50 dernières années des services publics, s’ils sont cruellement touchés par le chômage, notamment des jeunes, il n’en reste pas moins que ces quartiers populaires, enclavés géographiquement et frappés par la stigmatisation que sont un certain nombre de territoires de banlieue, présentent des caractéristiques urbaines, économiques et sociales qui leur sont spécifiques.

Aujourd’hui, et très au-delà de la gestion du ministère de la Ville, les socialistes ne peuvent continuer à aborder à nouveau la politique de la ville au mieux comme une politique territoriale parmi d’autres, au pire comme une réponse d’ordre public à un problème social non traité et non porté. C’est pourquoi nous interpellons l’équipe gouvernementale ainsi que les responsables socialistes qui s’engagent par des motions dans le débat du congrès du Parti Socialiste pour que ce sujet soit traité avec toute son importance, tout son poids politique.

C’est bien à nous, socialistes, de remettre ces quartiers au cœur de nos débats: balle de match de notre avenir, ils peuvent aussi bien entraîner toute la France vers le haut, socialement comme économiquement, comme ils peuvent la tirer vers le bas, vers la spirale de la ségrégation dont on sait qu’elle nourrit aussi bien la désaffiliation vis-à-vis de la République dans les quartiers que des peurs de fragmentation de la Nation sur lesquelles l’extrême-droite prospère. Cinq ans de stigmates sarkozystes ne se pansent pas simplement avec les mots du respect, ils réclament une volonté politique, des symboles et des actes forts.

Oui, être au rendez-vous des attentes des banlieues c’est relever un défi social, et pas seulement (même s’il en faut) d’ordre public.

Oui, être au rendez-vous des attentes des banlieues fait partie du devoir et des valeurs de la gauche.

Oui, les questions des discriminations et du racisme – parce qu’elles posent la question de la répartition des richesses, de la promotion sociale et de l’accès au pouvoir – sont bien des questions sociales, et pas uniquement des questions morales et sociétales. En définitive, les habitants des quartiers populaires ont-ils oui ou non le droit sous la gauche à la République et aux promesses d’égalité et d’émancipation qu’elle porte en elle?

C’est sous cette approche de la citoyenneté sociale et de la dignité humaine qu’il nous faut avoir le débat sur les contrôles au faciès, comme élément d’une vaste ambition pour l’égalité à laquelle chaque citoyen a droit.

Sans cette exigence, nous en serions réduits à une approche perdant-perdant, y compris pour nos policiers qui ont pour mission la sécurité des biens et des personnes et non le contrôle social.

Illustrée par les événements d’Amiens mais également par le quotidien d’un certain nombre de villes, la spirale de la violence semble reprendre jour après jour dans les quartiers, sur fond de misère et de trafics ; nous sommes au bord d’un grand risque, de toute évidence.

En tirant l’alarme, nous ne faisons que notre devoir, pour notre pays, pour notre jeunesse, pour la gauche.

Nous avons, c’est l’engagement de François Hollande, mission de réenchanter la politique, de redonner du sens à des vies reléguées et humiliées.

Donner au pays la conviction que nous prenons ces enjeux à cœur, avec la volonté d’agir, telle est l’ambition de cette interpellation. La balle est chez vous, amis et camarades!

Dominique Sopo (ancien président de SOS Racisme et porteur de la contribution « Et si c’était maintenant » au prochain congrès du Parti socialiste) signe cette tribune avec les auteurs suivants: – Colombe Brossel (Adjointe au maire de Paris), – Nassurdine Haidari (Adjoint au maire de Marseille), – Flora Saladin (Conseil national du PS), – Ugo Lanternier (Adjoint au maire d’Aubervilliers), – Vincent Louvet (Conseiller régional de Basse-Normandie, 14), – Nadège Abomangoli (Conseillère régionale d’Ile-de-France, 75), – Jean-Alain Steinfeld (Conseiller municipal, Villemomble), – Thierry Sother (Conseiller municipal, Mulhouse), – Hella Kribi-Romdhane (Conseillère régionale d’Ile-de-France, 91), – Améziane Abdat (Ancien président de Zy Va, 92), – Abdel Ghezali (Adjoint au maire de Besançon), – Anna Angeli (Adjointe au maire du Pré-Saint-Gervais), – Sandrine Malet (Responsable associative, 33), – Patrick Klugman (Avocat, Conseiller de Paris), – Guillaume Ayné (Responsable associatif), – Sabrina Ghallal (Conseillère générale de La Marne), – Thibaud Cotta (avocat, co-fondateur des Etats Généraux de la justice pénale), – Julien Boucher (Conseiller municipal, Paris, responsable associatif), – Catherine Lime Biffe (Secrétaire de section PS Chaville), – Ali Soumaré (Conseiller régional d’Ile-De-France, 95), – Elisabeth Pochon (Députée de Seine-Saint-Denis).

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